
4h du matin, je sors.
La porte passée, un coup de vent violent me pousse en avant et m'aspire vers la rue trop calme. Je me sens avancer, sans même l'avoir décidé.
Paris.
Une lumière, un moteur, je ferme les yeux d'éblouissement, et puis plus rien... juste le vent. Le vent qui souffle en sifflant dans mes oreilles...
J'aperçois un sac plastique blanc uni, volant. La nuit à Paris, les sacs plastiques décident de partir... les rues ne sont pas les mêmes que quand le Soleil brille. Il s'ennuyait ici, tout seul, laissé, abandonné, jeté sur le trottoir... Il s'emplit d'air, d'air, d'air... se gonfle lentement, et hop... prend son envol. Il veut aller dans un pays où il fait chaud, et où les sacs plastiques ne sont pas abandonnés sur le sol, dur et sale, là où on ne les piétine pas...
Je tourne, rue Réaumur.
Je marche, marche, marche. Je ne réfléchi pas, il est trop tard pour ça. Fatigue. Tristesse. J'aime pas aujourd'hui ! Je regarde mes pieds avancer en me portant. C'est fort des pieds... Ça porte tout: notre tête, notre corps, notre esprit, nos pensées, nos peurs, nos projets, notre désespoir et tout le reste...
Une épine.
Je vois une épine.
Deux épines.
Trois épines.
Une branche de sapin...
Je lève la tête, et devant moi, un sapin. Du moins, ce qu'il reste d'un sapin. On lui a coupé la tête, il lui manque une bonne moitié de ses épines, et il a été balancé sur le trottoir... En plein milieu du trottoir. Peut-être pour tenir compagnie au sac plastique blanc uni de la rue d'à coté. Il m'empêche de passer, il prend toute la place. Il a l'air de demander de l'aide, qu'on le mette debout, qu'on l'emporte, qu'on le re-décore. Lui aussi, il va passer une sale journée !
Je marche encore, rue Réaumur.
Je me projette dans mon lit en fermant mes yeux asséchés par le vent.
Une larme coule.
J’aime définitivement pas aujourd’hui. J’ai pas trop aimé hier non plus, ni les huit derniers mois passés. J’ai fait ma « nitch »… C’est pesant. Tellement pesant ! C’est dingue ce qu’on peut changer en une fraction de seconde ! Devenir terne, triste, banale, s’éteindre. Perdre toute pointe de bonheur et de bonne humeur, n’avoir plus envie de rien. Devenir sombre, amère, maigre… Blafarde… Insipide… Oui, insipide et fade. Et affectée.
Perdue. Perdue... PERDUE ! ! !
Une larme coule sur ma joue droite. J’avais senti mes yeux se remplir de ce liquide qui assèche la peau quand on veut les essuyer… Et puis cette larme est née, poussée par le flux salé, par le débordement de pensées. Je la sens couler, lentement, tout en traçant un chemin humide pour ses camarades arrivantes. Elle est au bord du gouffre, au bord de ma joue, à la fin de son chemin. Elle veut se jeter dans le vide… Elle regarde le sol, et à l’instant où elle allait faire demi-tour, se fait emporter dans ce grand vide effrayant par une larme suicidaire, arrivée à toute hâte derrière elle.
Plop’…
J’essuie ma main, une larme vient de s’y écraser. A son échelle, ça a du être terriblement violent. Comme si l’on chutait d’un gratte-ciel de cent cinquante étages… Cette larme, si minuscule, portait en elle mes peines. Toutes mes peines, ainsi que Toi. Tu es dans toutes mes larmes, en chacune d’elles se trouve une infime partie de toi, de nous. Un sourire, un regard, un baiser, une blague, un souvenir, un coucher de soleil… une nuit.
Je lève la tête, je suis devant chez moi. Je vais pouvoir aller me coucher.
On est le 18 Janvier.
Huit mois, mais toujours là. Rien ne change, rien ne bouge, rien ne part... La même douleur, une colère certaine, et bien plus forte qu'avant...
La porte passée, un coup de vent violent me pousse en avant et m'aspire vers la rue trop calme. Je me sens avancer, sans même l'avoir décidé.
Paris.
Une lumière, un moteur, je ferme les yeux d'éblouissement, et puis plus rien... juste le vent. Le vent qui souffle en sifflant dans mes oreilles...
J'aperçois un sac plastique blanc uni, volant. La nuit à Paris, les sacs plastiques décident de partir... les rues ne sont pas les mêmes que quand le Soleil brille. Il s'ennuyait ici, tout seul, laissé, abandonné, jeté sur le trottoir... Il s'emplit d'air, d'air, d'air... se gonfle lentement, et hop... prend son envol. Il veut aller dans un pays où il fait chaud, et où les sacs plastiques ne sont pas abandonnés sur le sol, dur et sale, là où on ne les piétine pas...
Je tourne, rue Réaumur.
Je marche, marche, marche. Je ne réfléchi pas, il est trop tard pour ça. Fatigue. Tristesse. J'aime pas aujourd'hui ! Je regarde mes pieds avancer en me portant. C'est fort des pieds... Ça porte tout: notre tête, notre corps, notre esprit, nos pensées, nos peurs, nos projets, notre désespoir et tout le reste...
Une épine.
Je vois une épine.
Deux épines.
Trois épines.
Une branche de sapin...
Je lève la tête, et devant moi, un sapin. Du moins, ce qu'il reste d'un sapin. On lui a coupé la tête, il lui manque une bonne moitié de ses épines, et il a été balancé sur le trottoir... En plein milieu du trottoir. Peut-être pour tenir compagnie au sac plastique blanc uni de la rue d'à coté. Il m'empêche de passer, il prend toute la place. Il a l'air de demander de l'aide, qu'on le mette debout, qu'on l'emporte, qu'on le re-décore. Lui aussi, il va passer une sale journée !
Je marche encore, rue Réaumur.
Je me projette dans mon lit en fermant mes yeux asséchés par le vent.
Une larme coule.
J’aime définitivement pas aujourd’hui. J’ai pas trop aimé hier non plus, ni les huit derniers mois passés. J’ai fait ma « nitch »… C’est pesant. Tellement pesant ! C’est dingue ce qu’on peut changer en une fraction de seconde ! Devenir terne, triste, banale, s’éteindre. Perdre toute pointe de bonheur et de bonne humeur, n’avoir plus envie de rien. Devenir sombre, amère, maigre… Blafarde… Insipide… Oui, insipide et fade. Et affectée.
Perdue. Perdue... PERDUE ! ! !
Une larme coule sur ma joue droite. J’avais senti mes yeux se remplir de ce liquide qui assèche la peau quand on veut les essuyer… Et puis cette larme est née, poussée par le flux salé, par le débordement de pensées. Je la sens couler, lentement, tout en traçant un chemin humide pour ses camarades arrivantes. Elle est au bord du gouffre, au bord de ma joue, à la fin de son chemin. Elle veut se jeter dans le vide… Elle regarde le sol, et à l’instant où elle allait faire demi-tour, se fait emporter dans ce grand vide effrayant par une larme suicidaire, arrivée à toute hâte derrière elle.
Plop’…
J’essuie ma main, une larme vient de s’y écraser. A son échelle, ça a du être terriblement violent. Comme si l’on chutait d’un gratte-ciel de cent cinquante étages… Cette larme, si minuscule, portait en elle mes peines. Toutes mes peines, ainsi que Toi. Tu es dans toutes mes larmes, en chacune d’elles se trouve une infime partie de toi, de nous. Un sourire, un regard, un baiser, une blague, un souvenir, un coucher de soleil… une nuit.
Je lève la tête, je suis devant chez moi. Je vais pouvoir aller me coucher.
On est le 18 Janvier.
Huit mois, mais toujours là. Rien ne change, rien ne bouge, rien ne part... La même douleur, une colère certaine, et bien plus forte qu'avant...
Et tu me manques, tout simplement...
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